Livres d’artistes. Collection Par le ciel, éditions de Champtin

La maison d’édition

Je fondai une maison d’édition, pure folie, quand je constatai que le monde littéraire s’était modifié. Lui aussi s’était rendu au conformisme people et marchand… Je fondai une maison d’édition pour l’autonomie, la liberté et pour les autres car c’est ainsi que les autres m’avaient élevée. Lorsque j’étais jeune, nous étions des aventuriers. Jeune, il faut le rester et peut-être qu’internet ouvre une opportunité. Je fondai une maison d’édition parce que mon frère, en quittant ce monde, me laissait de quoi payer la première facture de l’imprimeur.

Maintenant

J’ai beaucoup joué dans ma vie, avec l’art. Dans le temps, nous avions une éthique qui édictait qu’un éditeur ne doit pas se publier lui-même, ni pratiquer le compte d’auteur. J’ai respecté ces règles, mais parfois, j’en ai été embarrassée. Je n’avais pas le courage ou la patience, ou les moyens, d’adresser un manuscrit à cinquante éditeurs. C’est ainsi que j’ai réalisé des livres d’artistes. Merveilleux livres d’artistes que vous bricolez vous-même, avec amour, de A à Z. J’en ai fait pour les autres aussi, j’en ai fait pour Variable, pour les Éditions de Champtin. J’en ai fait pour moi.

Les livres d’artistes

Le problème du livre d’artistes, c’est sa confidentialité. J’ai par exemple connu un éditeur qui ne prenait que les livres uniques (contre zéro argent). Si le livre se vendait, vous étiez rétribué. Sinon rien… Et qui voyait le livre ? Qui connaissait le livre ? Quelle était sa vitrine ?

Une autre question se pose, c’est le coût d’édition très élevé de tels ouvrages.

Par ailleurs, il m’est arrivé souvent de tomber amoureuse de livres d’artistes, sauf que je ne pouvais pas les acheter et rarement les feuilleter. Conclusion : quel que soit le prestige de ces ouvrages, leur situation est en contradiction avec le geste qui les a fait naître.

Collection Par le ciel

C’est pourquoi, familière de l’édition et de l’art, j’envisage maintenant de créer une collection web de livres d’artistes (ou pointus quant aux thèmatiques qu’ils abordent) qui rendra accessible les PDF des ouvrages au plus large public, contre un paiement modique…

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Comment j’ai écrit

Les débuts

Quand j’étais petite, vraiment petite, j’écrivais. Je voulais devenir écrivain. À dix ans, je passais les grandes vacances à rédiger des romans.

J’écrivais aussi des poèmes. Ma maman étant mon seul public, je lui en faisais de temps en temps la lecture. C’était très naturel chez nous (elle était peintre et journaliste). Je crois que cette ambiance – sa machine à écrire, son chevalet – a totalement orienté ma vie vers un monde où l’on créait comme on le voulait… Je m’emparais de tout pour m’exprimer. Un jour, une tante a apporté une guitare à la maison. Une guitare ? Pas de problème. J’allais écrire des chansons.

Je ne faisais pas la différence entre la peinture, l’écriture, la musique ou mes poupées, la pâte à modeler. Tout était jouet et tout vivait. Je voyais (je vois encore) la vie comme un roman. Nous étions mes personnages préférés.

Mon problème était la scolarité. J’étais une élève faible, selon l’expression. Facilement distraite, trop imaginative et évidemment trop sensible, donc totalement timide. Je n’ai jamais compris comment je fonctionnais dans l’univers scolaire. Mes visions étaient irrationnelles. Je rêvais. Cela s’est corsé avec le collège. Je pensais moi-même qu’avec l’adolescence, j’allais naturellement mieux parvenir à me conformer au monde. J’avais totalement confiance en la sexualité. Malheureusement, cela n’a pas été le cas et je devins douloureusement (lourdement) révoltée. À la fin de la troisième, les professeurs ont décidé de virer du circuit l’individu timoré que j’offrais. C’est mon cahier de poésie qui m’a sauvée. C’était un cahier épais, jaune, à petits carreaux. Je le leur ai remis avec une peine terrible, en les suppliant de réenvisager mon orientation car je voulais étudier les lettres. Ils ont accepter de me donner une chance.

Suivirent des épopées terribles pour moi. J’étais très seule. Pas solitaire, isolée. Immature aussi. Mais cela tient au fait que l’art étant voué à la liberté (surtout pour une autodidacte), j’imaginais que tout se devait d’être à l’instar de l’art, à fortiori l’amour. À dix-sept ans, estimant que la réalité m’était étrangère car étrangement désagréable, j’ai souhaité me dissoudre, autrement dit mourir. Je ne suis pas morte de cette volonté, mais j’en ai été meurtrie.

Mais à la même époque ou presque, j’ai commencé d’être publiée. Toujours inapte à la scolarité, j’avais gagné le monde du travail, et devenue ostile à ma famille (qui n’était plus la gangue si confortable que j’avais idéalisée),  je vivais de manière autonome. À cette époque, le monde littéraire était très ouvert, facile à pénétrer. Il suffisait de remonter ses manches et d’aller aider des écrivains à fabriquer des revues. On se faisait ainsi la main. Revues littéraires, radios libres, éditions parallèles. La belle époque ! Oui : la vie.

Puis, j’ai eu la mauvaise idée de me marier, avec un musicien qui vraisemblablement était aussi fou que moi, mais autrement… Après une ascension dans l’art, ensemble, il y a eu un virage morbide et violent. J’ai fui mon foyer avec deux enfants minuscules. Et c’est là qu’incroyablement, la sculpture m’a sauvé la vie en me dotant d’un métier. Ce qui tombait bien, les psychiatres venaient de me qualifier « d’autiste accidentelle ». Je ne pouvais presque plus parler et je ne voulais plus écrire.

Ce que j’ignorais, c’est qu’un éditeur me cherchait pour publier un roman que je lui avais expédié. Il m’adressait du Canada des courriers en France, au domicile conjugal, et que mon mari ne me communiquait pas. C’est par hasard que j’ai rencontré, des années après, l’homme qui m’apprit qu’une inondation avait finalement noyé tous les manuscrits qui se trouvaient chez lui…

C’est chez un psychanalyste que je réappris à pouvoir écrire, parce qu’incapable d’articuler un mot d’ordre personnel, je rédigeais des pages et des pages que je laissais sur mon fauteuil, en partant. (Pas étonnant que j’ai travaillé par la suite, en art thérapie dans un hôpital de jour !).

Je m’enhardis donc à nouveau, publiant quelques livres (romans, textes poétiques). Je fondais une revue, Variable, Variable19 (journal littéraire gratuit),et en 2004, Les Éditions de Champtin.

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Atelier « Les mots en terre » – 17 janvier 14 h-18h

Atelier « Les mots en terre »

Thème : l’homosexualité

Avec la participation de Philippe Chardin, écrivain, 

Professeur de littérature comparée à l’Université de Tours

Un avant-goût ? « La jalousie : Proust : Les passions prisonnières »

France Culture 

Les nouveaux chemins de la connaissance 7/12/2015

Atelier collectif mensuel d’expression littéraire et plastique (modelage)

Un dimanche par mois, de 14 h à 18 h

Atelier destiné à ceux qui tournent autour de la création plastique, notamment le modelage, sans être encore tombés dedans.

Comment savoir si on est tombé dedans ?

C’est simple :

  • Le ressentir de l’argile au bout de vos doigts vous manque.
  • Vous ressentez l’argile comme une amie.
  • Vous avez commencé un modelage et vous en rêvé la nuit.
  • La première chose à laquelle vous pensez le matin, est le modelage en cours.

Atelier destiné à ceux qui se disent plus intellectuels que manuels et qui redoutent de se « lâcher » dans la matière, ou encore à ceux qui craignent de découvrir le « tactile » en eux…

Cet atelier propose donc une formule douce pour en venir à l’expression plastique.

Comment fonctionne-t-il ?

Son principe est d’être collectif et de permettre des échanges au sujet d’un thème choisi par le groupe lors de la séance précédente. Les participants sont invités à rédiger librement un texte sur ce thème. S’ils résistent à l’écriture, ils peuvent parfaitement apporter un texte d’auteur qui illustre à leur place leur sentiment.

1ère partie de l’atelier : phase de lecture à voix haute (14h-15h30)

Temps de lecture  à voix haute et d’écoute suivi d’un « jet de mots ».

Les participants lancent les mots qu’ils ont aimés, et ceux qu’ils n’ont pas aimés,  mais sans spécifier leur appréciation. Ceci constitue une liste qui est lue. Comme un débat s’ensuit spontanément, il est proposé une détente… Thé, boissons sont proposées, ainsi que les bonnes choses apportées par les participants (15h30-16h)

2ème partie de l’Atelier : changement du décor : la phase du modelage (16h-18h)

Les participants sont installés avec la terre, les outils, tout ce qu’il faut pour travailler avec l’argile. La liste des mots est rappelée. Nathalie-Noëlle Rimlinger guide techniquement les participants.

À la fin du temps de modelage, chacun s’exprime sur ce qu’il a ressenti ou représenté.

Les pièces réalisées peuvent être cuites.

Participation : 20 euros la séance. Si les sculptures sont cuites, 3 euros supplémentaires sont demandés.

Réservation indispensable, soit par mail rimlinger.nathalie@orange.fr

soit par sms : 06 27 45 70 96

Prochaine séance

Dimanche 17 janvier, 14 h

181 avenue Jean Jaurès, 75019. Métro Ourcq (ligne 5) ou bus 60.

1er étage. Quant aux codes nombreux et compliqués, appeler au 06 27 45 70 96, on vient aussitôt vous ouvrir. 

Attention, il est vivement recommandé d’être ponctuel. 

Thème choisi : l’homosexualité

voir aussi, l’historique de l’atelier

 

 

Photo de NNR
poignée d’épée, musée de l’armée, Paris 15.
sculpture de NNR
sculpture de NNR

 

Marcel_Proust_02

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